Pour ceux qui vivent leur foi avec sincérité, le « mystère de Pâques » n’est pas une énigme incompréhensible, mais une réalité inépuisable : une source de significations toujours nouvelles que nous ne cesserons jamais de découvrir.
Le point de départ est que le tombeau du Seigneur a été trouvé vide et qu’Il s’est fait voir aux femmes, aux disciples et à des centaines de témoins. Comme l’écrit saint Paul, voici le cœur de notre foi : le Christ est mort pour nous, il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour (cf. 1 Co 15, 3-5)

Le christianisme n’est donc pas l’héritage d’un défunt, mais la relation avec une personne vivante. Jésus n’est pas « celui qui a vécu », mais « Celui qui vit » aujourd’hui. C’est le Vivant qui transforme notre horizon en nous offrant une espérance concrète, même lorsque l’avenir semble être un tunnel obscur ou lorsque la violence et le mal semblent avoir le dernier mot, comme semblent le suggérer subtilement à notre réflexion et à nos jugements les événements de plus en plus dramatiques qui nous parviennent chaque jour de toutes les parties du monde.

La vie pascale comporte un paradoxe apparent : une nouvelle existence qui naît, d’une manière incroyable, d’un tombeau. Or, selon l’Évangile, c’est là la même logique que celle du grain de blé évangélique : ce n’est qu’en mourant dans la terre qu’il peut porter du fruit. Nous aussi, nous faisons l’expérience de « morts fécondes » chaque fois que nous mettons de côté notre égoïsme, que nous faisons passer les besoins des autres avant nos propres désirs, ou que nous acceptons un sacrifice personnel par amour de la justice et de la concorde fraternelle. Ce ne sont pas là des signes de défaite, mais des germes de vie véritable.
Il est donc important de ne pas perdre de vue les signes de résurrection que le Seigneur fait éclore autour de nous et en nous. En nous rapprochant de la liturgie de ces jours-ci, nous entrons en contact avec une Vie inépuisable qui se déverse dans nos petites existences.
Mon souhait est que chacun d’entre vous sache faire place à cette Vie, en reconnaissant en Jésus celui qui est « mort par amour et vivant parmi nous », devenant, à votre tour, porteurs de gestes d’espérance et de joie franciscaine au sein de nos fraternités et parmi le peuple de Dieu que la Providence nous a confié.

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